Le temps du bilan de mon périple au guidon du Fennec est arrivé

Matériel :

Mon vieux vélo couché Optima Baron Lowrider customisé :

  • moteur-roue brushless EZEE Bike V3 en 36 V (P Max : 600 W en continu) modifié et monté en position centrale (intermédiaire entre pédalier et roue AR)
  • pneus Swalbe Kojac
  • 1 batterie Lithium Manganèse 36V 15 Ah EZEE Bike
  • 1,25 m² de PV au dessus de la tête (seulement 40 cellules actives jusqu’à Istres puis 80 ensuite après avoir récupéré mon second Génasun)
  • 4 panneaux Clean Fizz de 20 cellules Sunpower C60 (montage série/dérivation 2+2)
  • 2 contrôleurs MPPT Génasun 41,7 V / 8A
  • Poids en ordre la marche (hors bagage) : 42 kg
  • Poids avec bagages (60,5 kg dont 6 kg d’outillage au cas-où)

Durée du parcours :  11 jours dont 10 jours de roulage du 15 août au 25 août 

Distance parcourue : 

  • 1926 km au compteur du Cycle Analyst (un chouilla de plus au GPS)
  • 10 étapes de 70 à 287 km
  • distance moyenne 193 km/jour
  • Vitesse moyenne de roulage : 23,2 km/h
  • Vitesse maxi : 63,8 km/h

Dénivellé positif : 23000 m

 

Consommation électrique : 

  • consommation totale d’énergie électrique : 10,25 kWh
  • moyenne 5,3 Wh / Km
  • mini : 3,6 Wh/km  lors de la dernière étape Toulouse -Pau avec un léger vent arrière
  • maxi : 6,7 Wh/km  lors de l’étape St Chaptes – St Amans avec fort vent (face et latéral) et des rafales à + de 80 km/h)
  • estimation par calcul de l’énergie musculaire totale produite durant le parcours : 15 kWh (autour de 170 Wh de moyenne comme lorsque je n’ai pas d’assistance)

Presque tout au solaire : Depuis Istres ou j’ai enfin pu utiliser mes 1,25 m² de PV, je n’ai rechargé qu’une seule fois à Pont St-Esprit après plus de 100 km sous les orages et avec un fort vent de face car le lendemain je voulais arriver dans le Tarn (la batterie n’était pas complètement vide, il restait 1/3 de charge). Pourtant je n’ai pas eu des conditions météos très favorables (1 seul jour de plein ensoleillement, les panneaux fournis par  Clean Fizz associés aux chargeurs Génasun ont été particulièrement efficaces par faible ensoleillement).

Energie récupérée par les PV :  (entre 11 h et 16 h) autour de 220 Wh par plein soleil (pics à 235 Wh) et entre 120 et 160 par temps gris. en cette fin de mois d’août avant 9 h et après 19 h la quantité d’énergie récupérée est insuffisante pour compenser le surplus de consommation engendré par la masse supplémentaire du vélo liée à l’équipement électro-solaire.

  • Maxi 1380 Wh, le seul  jour de grand beau-temps : soit puissance panneau x 6  uniquement en roulant pour favoriser la ventilation , pas d’arrêt entre 10 h et 16 h
  • Mini 420 Wh,  très variable en fonction de la couverture nuageuse et donc de l’ensoleillement

Remarque importante :  chaque conversion entraîne une perte non négligeable bien supérieure aux données constructeurs : conversion panneau/batterie et conversion batterie/contrôleur/moteur. Rien de surprenant, un système embarqué comme nos vélos est aux antipodes d’un laboratoire de test. C’est exceptionnel de se trouver avec les paramètres optimaux définis pour les procédures de test en laboratoire.

Toutes ces pertes s’additionnent, alors oubliez les rendements à plus de 80 % voire à 98 % que l’on peut lire sur toutes les notices (chargeurs solaires, convertisseurs, contrôleurs, moteurs, etc, etc)…..

Paramétrage du Cycle Analyst :

  • Uniquement asservissement en courant par potentiomètre, je me suis attaché la plupart du temps (sur terrain plat) à ne pas consommer plus que ce que les panneaux fournissaient.
  • Pic de puissance maxi consommée durant tout le parcours 340 Wh (côte de Villecomtal 1,5 km à 12 %)
  • limitation en courant paramétrée à 10 A, limite que je n’ai jamais atteinte durant tout le parcours.
  • Diminution des facteurs « gain », et augmentation des facteurs « intégrale » sur tous les PID du CA pour minimiser les consommations. (ajustés par tâtonnement sur les 500 premiers km). Ces réglages diminuent beaucoup la nervosité de l’engin au démarrage et dans  les accélérations (il faut suppléer avec les mollets 😉 mais il permet de faire de sacrés économies.

Et maintenant retour à l’atelier pour transposer tout ce travail sur ma Libellule à 3 roues qui différera un peu, beaucoup de l’esquisse ci-dessous…. Objectif fin des travaux décembre 2014. @ Ciao

8 Réponses

  1. Pour un coup d’essai c’est un coup de maître.
    Bientôt la moto électrique Française ?

    • Bernard Cauquil

      Tu exagères un peu Joris ;-).
      Pas une moto mais un trike solaire : le « Steppe DragonFly 001 »
      J’y travaille

  2. Pu..n ! j’ai rien « capté » mais s’est beau a lire.

  3. est ce qu’il a été mis en place une sorte d’observatoire technique qui collecte et interprète ( modélisation ? ) les masses de données (mesures notamment) recueillies par chaque inventeur metteur au point de prototype

    • Bernard Cauquil

      C’est prévu lors du prochain SunTrip 2015, normalement chaque concurrent devrait transmettre chaque soir toutes les données de la journée sur le site de l’organisation.
      J’espère qu’il y aura des engins suffisamment différents avec beaucoup de diversité dans le choix des solutions techniques pour pouvoir comparer et en tirer des enseignements les plus intéressants possibles.

  4. Remarquable travail, félicitations.

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