Auto-portrait du vainqueur du Suntrip 2015

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Je ne suis plus tout jeune, j’ai 56 ans bien sonnés même si certaines âmes charitables me disent que je ne les parais pas.

Je ne suis pas un athlète de haut niveau, on l’aurait su depuis longtemps déjà, mais comme beaucoup de gens aujourd’hui, je pratique régulièrement des sports d’endurance.

Je ne suis ni un ingénieur, ni un chercheur, ça aussi on le saurait depuis longtemps. Je me revendique plutôt Bricoleur de la façon dont le définit Claude Lévi Stauss dans « La pensée sauvage » : Celui qui d’une part entasse des objets de toutes sortes au fond de son garage avec l’idée qu’un jour ils serviront bien à quelque chose et d’autre part en détourne l’usage afin de créer un objet nouveau.

Je me suis décalé de ce qui existait jusqu’à ce jour, des modèles existants en matière de vélo électrique.

La libellule, fruit de mon imagination, vient de démontrer sur plus de 7000 km d’un parcours exigeant, semé d’embûches le potentiel de concept innovant. Avec un rendement moyen (tous type de terrains confondus) supérieur d’au moins 30 % aux autres modèles existants à ce jour : c’est à dire que pour une même puissance consommée, je dispose à la roue de 30 % de plus que sur tous les autres vélos électriques commercialisés aujourd’hui. Dans des conditions de difficulté extrême, le gain est encore plus important.

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Durant les nombreuses heures passées au guidon de ma Libellule, la rêverie a occupé une bonne place, mais j’ai aussi eu quelques moments de réflexion sur le concret de cette expérience que j’étais en train de vivre.

Si depuis le départ de ce Sun Trip 2015 je n’avais jamais pédalé, en m’appuyant uniquement sur l’énergie récupérée du soleil, je serais en Cappadoce en ayant parcouru au moins 4000 km avec les mêmes conditions météo que celle que j’ai rencontrées durant ces 25 jours… Hier, en guise de vérification, j’ai volontairement parcouru ma dernière étape longue de 168 km sans donner le moindre coup de pédale, uniquement avec le moteur : vitesse moyenne 30 km/h. Certes, il faisait beau et la route était plate mais, cerise sur le gâteau, à l’arrivée mes batteries étaient entièrement chargées, n’ayant pas pu consommer toute ma production. J’aurais pu parcourir 100 km de plus… C’est une réalité, pas une projection : belle démonstration ?

Si j’ai pu fabriquer la Libellule conformément à mon imagination, je le dois tout d’abord à Van Khai N’Guyen (EZEE Suisse) qui, sur un simple courriel de 15 lignes, a cru tout de suite à mon concept (« c’est décalé, c’est intéressant »). Il m’a apporté les premières aides matérielles et m’a mis en contact avec la société « Clean Fizz » pour la partie photovoltaïque et avec la maison mère d’EZEE Bike à Shanghai. L’IUT de TARBES a assuré la logistique et le Credit Mutuel Enseignant en récompensant ce projet dans le cadre du concours « C’est mieux Ensemble », contribuant ainsi à une part importante du financement.

Je n’oublie pas non plus la famille, mes garçons, les potes et les potesses, les collègues qui ont soutenu cette formidable épopée.

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